OPINION: Peut-on pré-germer ses semences soi-même ?
En argiculture, le priming des semences est l’une des techniques les plus efficaces pour améliorer les semences. Les semenciers peuvent choisir de réaliser ce traitement en interne ou le confier à un prestataire spécialisé. Vous vous interrogez peut-être sur quand il est avantageux de le faire soi-même et quand il vaut mieux le confier à un prestataire. Henry Bruggink, chercheur senior chez Incotec, vous donne son avis.
Lors du récent cours de l’ISA (International Seed Academy) intitulé « 360° view on priming », on m’a demandé de faire une présentation sur le thème du priming internalisé par rapport à l’externalisation. Travaillant moi-même pour un prestataire de services, on pourrait penser que je devrais être résolument en faveur de cette dernière option ; cependant, d’un point de vue objectif, il y a des arguments en faveur de chacune de ces options.
La prégermination à l’échelle industrielle
Pour le priming à l’échelle industrielle, il est important de respecter un certain nombre d’exigences. Tout d’abord, il faut disposer des connaissances nécessaires pour développer des protocoles pour de nouvelles espèces et améliorer ceux qui existent déjà pour les espèces déjà prétraitées. En général, cela relève de la R&D. Ensuite, il est important de disposer d’équipements de différentes tailles pour traiter des lots de semences de volumes variés. Et troisièmement, ce qui est sans doute le plus important, il faut du personnel expérimenté capable d’appliquer les protocoles de prégermination de manière cohérente.Développer un priming adapté à vos semences
En principe, il est possible de développer et de mettre en œuvre des prégerminations avec des ressources limitées. Un simple laboratoire et un équipement basique suffisent ; ce qui compte le plus, c’est le savoir-faire et la capacité d’innovation pour appliquer les protocoles connus, adapter ceux qui existent déjà et en inventer de nouveaux. Ce savoir-faire ne concerne pas seulement le protocole de prétraitement et l’équipement en lui-même ; les caractéristiques de germination, y compris la dormance, sont aussi des aspects importants, surtout lorsqu’il s’agit de mettre au point un prétraitement pour une nouvelle espèce. Une fois que les conditions de germination sont connues, la recherche peut commencer à développer le priming le plus adapté.Utiliser du papier filtre humide dans une boîte de Pétri avec quelques graines permet déjà d’appliquer des traitements et d’ajuster ou de développer un protocole. Par contre, quand il s’agit de la production commerciale de lots de graines de différentes espèces aux tailles variables, il en faut bien plus.
Le plus important, c’est de disposer des connaissances et de la capacité d’innovation pour appliquer les protocoles connus, adapter ceux qui existent déjà et en inventer de nouveaux
Les avantages d’un prestataire spécialisé dans le traitement des semences
Chez un prestataire de services, tout cela est réuni. Une équipe R&D expérimentée dans les technologies de semence, ainsi qu’un service dédié qui possède le savoir-faire et l’équipement nécessaires pour traiter toutes les commandes. Un laboratoire de germination pour les tests, des services dédiés à la logistique et à d’autres traitements des semences comme l’incrustation, l’enrobage et le pelliculage. La disponibilité de tout ça chez un semencier dépend surtout de sa taille. Comme la sélection est l’objectif principal d’un semencier, les petites entreprises n’ont généralement pas la capacité de mener des procédures technologiques approfondies sur les semences. Les grands semenciers ont peut-être tout ce qu’il faut, mais peuvent quand même décider d’externaliser certaines parties, surtout quand il s’agit de savoir-faire sur le priming des semences d’espèces plus difficiles ou stratégiques.En savoir plus sur les techniques de priming d'Incotec

