La pré-germination des graines : est-ce vraiment durable ?

En agriculture, le priming des graines est l’une des techniques les plus efficaces pour améliorer les semences. Mais tu te demandes peut-être : est-ce vraiment durable de pré-germer les graines ? En examinant à la fois le processus lui-même et son impact (positif), Henry Bruggink, chercheur senior chez Incotec, y répond. Tu découvriras quelle est la méthode de pré-germination la plus durable et comment elle aide à lutter contre les conséquences du changement climatique

 

Dans quelle mesure le processus de priming est-il durable ?


Intéressons nous
tout d'abord à l’équipement utilisé. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un tambour ou d’un tube. Et si l’équipement est de bonne qualité, il peut être réutilisé à l’infini. Ensuite, l’électricité et l’air utilisés pour le priming, ainsi que la température et la lumière qui sont nécessaires à tous les processus de priming, représentent une consommation d’énergie supplémentaire. Cependant, l’impact sur la durabilité sera marginal, surtout si l’électricité est produite par des éoliennes ou des panneaux solaires (éléctricité verte). Ce qui aura un impact sur la durabilité, c’est le nettoyage et la désinfection de l’équipement, qui doivent être effectués après chaque lot de prétraitement. L’impact dépend du type de matériaux utilisés, mais il est indispensable. 

Comparaison entre des semis issus de graines prégermées et de graines non prégermées

Quel type de prégermination est le plus durable ?

 

Pour répondre à cette question, il faut d’abord examiner le type de priming utilisé

Matrice solide 

Le type le moins durable est la prégermination avec une matrice solide ; le poids du matériau de la matrice est à peu près égal à celui des graines prégermées. Bien sûr, l’impact dépend aussi du type de matériau utilisé, mais quel qu’il soit, il ne peut pas être réutilisé et doit être jeté

 

Pré-germination osmotique


Pour l
'osmo-priming, le type de matériau est également important. Il s’agit principalement de PEG (polyéthylène glycol), qui peut être décomposé par des micro-organismes ; le rejeter dans les égouts ne pose donc généralement pas de problème.

 

Pré-germination en tambour


Enfin, la
pré-germination en tambour est la méthode la plus durable pour pré-germer les graines, car elle n’utilise que de l’eau – ni agents osmotiques, ni matrice. Et la quantité d’eau utilisée dans la pré-germination en tambour est bien moindre comparée à celle nécessaire pour rincer la solution après un osmo-priming. Même quand on utilise d’autres substances pour améliorer l’efficacité de la préparation (nitrate de potassium, hormones, etc.), la préparation en tambour reste la méthode la plus durable, car tous les additifs dissous restent sur la graine. Ce n’est pas le cas avec la préparation osmotique ou la préparation sur matrice, car une partie des additifs est toujours rejetée avec la solution ou le substrat.

 

Le summum de la durabilité, c’est le priming biologique en tambour, où on utilise uniquement de l’eau, éventuellement en combinaison avec des méthodes physiques, comme des variations de température, des ondes électromagnétiques (y compris la lumière visible), des ultrasons ou de l’eau ou du gaz activés par plasma.

Le priming des graines améliore la vitesse et l’uniformité de la germination, réduit le gaspillage de graines et renforce la résilience face aux stress climatiques.

 

Quels sont les avantages de la prégermination en matière de durabilité ?


Il
faut aussi prendre en compte les avantages en matière de durabilité apportés par le priming. La prégermination des graines s’impose comme un outil de l'agriculture durable, car elle améliore la vitesse et l’uniformité de la germination, réduit le gaspillage de graines et renforce la résilience face aux stress liés au climat. Par exemple, la prégermination des graines de tomates permet une germination plus rapide et plus uniforme, ce qui signifie que les plantules atteignent plus vite la taille souhaitée et que leur séjour chez le producteur de plants est donc plus court. Avec une augmentation du pourcentage de plants utilisables, le pépiniériste a aussi besoin de semer moins de graines, ce qui occupe moins d’espace dans la serre et nécessite moins de semences.
Et une culture plus uniforme permet, à son tour, une gestion des plantes plus facile et plus efficace par la suite.

 

Le priming aide-t-il à atténuer les effets du changement climatique ?

 

Avec le changement climatique, on peut observer une augmentation des stress abiotiques, causés par exemple par la chaleur et la sécheresse, en plein champ.

Il faut donc une culture plus résistante. Le prétraitement peut jouer un rôle important à cet égard. Les graines prétraitées germent plus vite et s’établissent plus tôt ; par conséquent, les graines en cours de germination et les très jeunes plantules seront exposées aux conditions météo défavorables pendant moins de temps. 

Le piming améliore la productivité agricole et constitue une solution durable pour relever les défis posés par le changement climatique.

De plus, les graines traitées germent mieux dans des conditions stressantes. Par exemple, les graines de tomate traitées continuent de germer à une température plus basse, ou celles de laitue ou de céleri sont capables de germer à une température plus élevée que les graines non traitées.

En conclusion, même si le priming contribue à une agriculture plus durable (productivité et adaptation au changement climatique), il faut aussi tenir compte du type de traitement utilisé et de son impact sur la durabilité.

  

Publié par
  • Henry Bruggink, chercheur senior d'Incotec
    Henry Bruggink Technology Specialist